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Publié par La Rédaction

Le préfixe nano traduit un facteur d'échelle égal au millionième de millimètre. Les nanotechnologies couvrent l'ensemble des technologies permettant la conception d'objets façonnés à l'échelle de l'atome. Il s'agit d'objets qui sont invisibles ou quasi-invisibles.

Quelles sont les applications possibles des nanotechnologies ?
Elles sont très nombreuses et très prometteuses dans le domaine médical. On peut citer les nanomédicaments qui s'attaquent directement aux cellules malades ou encore de nouveaux matériaux plus résistants tels que les nanotubes de carbone.

Dans le domaine informatique les nanos vont permettre une miniaturisation encore plus poussée de l'électronique et notamment des puces RFID, ces petits composants électroniques aujourd'hui de la taille d'un grain de riz et capables de communiquer par onde radio.

Les applications existent-elles déjà aujourd'hui ?
De nombreuses applications des nanotechnologies ont été validées en laboratoire. Il ne reste plus qu'à produire ces systèmes.

Les puces RFID sont déjà omniprésentes dans les objets du quotidien (les passes de transport, les passeports, les boites de médicaments). Dans certaines maternités les nouveaux-nés sont maintenant dotés de bracelets électroniques avec puces RFID pour prévenir le kidnapping et les maisons de retraite commencent à équiper leurs résidents de bracelets électroniques pour pouvoir les retrouver en cas de fugue.

Existe-t-il déjà des cas d'implantation de ces puces dans le corps humain ?
Des puces ou nano-puces seront peut-être bientôt implantées dans le corps humain. C'est même le cas en Espagne ou aux Pays-Bas, où certains se font déjà injecter des puces RFID pour payer leurs consommations en boîte de nuit. A terme, les implants pourraient même devenir les outils incontournables de l'identification des personnes.

On peut se demander si ces implants utilisés dans un premier temps dans des applications « de confort » ne risquent pas par la suite de devenir les outils incontournables de l'identification des personnes. De tels usages sont-ils acceptables par notre société ?

Quelles sont les risques associés à ces technologies?
Indépendamment des risques sanitaires potentiels, la multiplication de ces puces quasi-indécelables et le fait qu'elles puissent communiquer par internet à notre insu risque de conduire à une « hyper-traçabilité » des personnes.

Plus inquiétant encore, cette prolifération de puces espions dans notre quotidien pourrait à terme entraîner une modification profonde des comportements individuels. Les personnes, se sachant potentiellement observées à tout instant par les technologies, ne risquent-elles pas de s'auto-formater en fonction d'une norme sociale imposée, de fait, par la société de surveillance ? Il s'agirait alors d'un véritable « clonage mental » ! Comme elle a su le faire pour le clonage humain, notre société devrait alors l'interdire !

Dans ce contexte, quel est le rôle de la CNIL ?
La CNIL a fondamentalement pour mission de veiller à ce que le développement des nouvelles technologies ne porte atteinte ni à l'identité humaine et aux droits de l'homme. Elle joue un rôle d'alerte et de conseil.

Avec la révolution des nanotechnologies qui s'annonce, il faut dès à présent s'interroger sur l'interdiction de certaines applications, et sur la régulation à envisager. Et réguler l'invisible n'est pas simple !

Il faut absolument que des garanties pour protéger nos libertés soient apportées au moment de la conception même des systèmes. Après, il risque d'être trop tard pour contrôler quoi que ce soit.

Un grand débat public national sur les nanos démarre le 15 octobre sous la forme de réunions publiques organisées à Paris et dans plusieurs grandes villes de province et d'un forum de discussion. La CNIL va y participer activement pour sensibiliser les personnes et les pouvoirs publics aux risques que ces technologies comportent afin que la société mette en place toutes les garanties nécessaires pour en assurer un développement responsable.

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