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Publié par Rousseau

GS1 France vient d’évaluer les performances de la RFID en matière de fréquences radio UHF et HF. Si la lecture en masse des cartons reste imparfaite, d'autres applications logistiques s’avèrent toutefois déjà mieux loties.
L'organisme de standardisation de la chaîne logistique GS1 France a lancé une plate-forme de tests de la RFID dont les premiers constats seront présentés notamment à l’occasion de la RFID University qui aura lieu du 12 au 14 octobre au Palais des Congrès.

 

Principal sujet de l'étude, l'identification automatique et en masse des cartons sur palette a démontré ses limites. Malgré les gains de lecture obtenus en améliorant le positionnement des étiquettes sur les cartons, de nombreux produits ne permettent pas d’obtenir un taux de lecture de 100 % sur une palette complète de cartons.

 

Or, la lecture en masse de cartons sur un support de manutention représente le principal levier susceptible d'engendrer un déploiement massif de la RFID en France. Et cela parce qu'elle multiplierait les points de contrôle sans augmenter la main-d'oeuvre nécessaire. Ainsi, les entreprises pourraient rapidement déceler les dysfonctionnements de la chaîne d'approvisionnement, ce pour un coût raisonnable.

 

L'évaluation n'avait pas pour objet de comparer les performances ou de vérifier l'interopérabilité des solutions RFID. Il s'agissait seulement d'évaluer les possibilités de la RFID selon un large éventail de contextes opérationnels : matières des produits et emballages, compositions plus ou moins homogènes des palettes, fréquences de lecture au standard EPC, modes opératoires de lecture, formats de données, contextes réglementaires d'utilisation des fréquences. Plus de 60 tests ont ainsi été réalisés avec du matériel provenant d'une dizaine de fournisseurs (étiquettes, lecteurs et imprimantes RFID).

 

Mieux vaut ne pas avoir de liquide !

 

Les tests conduits autour d'une première famille de produits dits « neutres » (lessive en poudre, coton-tige, couches...) ont obtenu des taux de lecture de 100 %, ces matériaux ne perturbant pas les applications de lecture en ultra-haute fréquence (UHF) Etsi (réglementation européenne). En revanche, les lectures UHF selon la réglementation française (ART) n'ont pas donné satisfaction pour l'identification des cartons placés au centre de la palette.

 

Absorbant les signaux aux fréquences UHF, la famille des produits liquides ou à forte teneur en eau (après-rasages, crèmes solaires, eaux minérales...) ont posé plus de problèmes. Même les étiquettes UHF spécialement conçues pour ce type de produits n'ont pas permis d'obtenir plus de 70 % de taux de lecture dans l'exemple des crèmes solaires. Les résultats ont toutefois été améliorés grâce à des lectures rotatives (table tournante). GS1 France a aussi observé l'influence considérable de la forme de certains emballages sur les taux de lecture. Par exemple, un bouton vaporisateur engendrera un espace libre dans un carton améliorant ainsi la lecture du contenu. Dans tous les cas, la haute fréquence (13,56 MHz) a rendu possible des taux de lecture de 100 % de ces produits, mais à des distances limitées qui interdiraient l'utilisation d'un portique couvrant la largeur d'un quai de chargement (2,50 mètres de large). « La haute fréquence est limitée à une lecture de 60 à 80 centimètres de distance, confirme Henri Barthel, directeur technique d'EPCglobal. La majorité des utilisateurs estime que l'UHF est mieux appropriée pour la logistique. » Pour finir, GS1 France a également noté qu'une dernière famille de produits (rasoirs, radiateurs automobiles) et emballages métalliques (gâteaux de riz, fars aux pruneaux) perturbaient parfois le fonctionnement des étiquettes UHF et HF.

 

Mais un  bon niveau de fiabilité pour certaines applications

 

Si les résultats de ces premiers tests RFID sont contrastés, en revanche, GS1 France souligne que d'autres applications, telles la gestion des supports de manutention réutilisables ou la lecture unitaire de cartons, sont déjà fiables. La gestion RFID des supports augmente notamment la rotation de ces derniers et rentabilise ainsi la taille du parc. Le contrôle unitaire des cartons, quant à lui, peut s'effectuer sur un convoyeur, à l'image de ce qu'a entrepris Walmart avec une centaine de ses fournisseurs. « La sensibilité accrue de l'UHF par rapport à l'environnement aqueux prédestine ces fréquences à communiquer avec des unités logistiques non absorbantes » , prévient toutefois Joël Sarraillon, responsable projet dans le pôle traçabilité, un centre d'expertise de Valence. En clair, il faut parfois se méfier de l'UHF avec l'utilisation de cartons.

 

Dans tous les cas, « la RFID n'est pas plug and play, confirme Xavier Barras. La connaissance et la manière d'utiliser la technologie comptent autant que ses performances théoriques » . GS1 France suggère, en effet, plusieurs pistes d'amélioration, notamment dans l'identification en masse des cartons. Par exemple, la stratégie peut consister à placer les étiquettes sur l'endroit du carton le plus éloigné de la matière pénalisant la bonne circulation des ondes. L'étiquette a aussi plus de chance d'être lue lorsqu'elle est parallèle au lecteur ou lorsqu'elle est éloignée de l'étiquette d'un autre carton. Enfin, la lecture rotative est une autre bonne pratique.

 

Par ailleurs, l'aspect capture de données ne doit pas occulter l'ensemble des problématiques du réseau EPC. « Verisign utilise des codes à barres dans certains de ses pilotes » , note ainsi Philippe Gautier, DSI de Bénédicta. Pour sa part, il assure que les résultats du test de GS1 France ne remettent pas en cause son pilote sur des unités logistiques, dont le déploiement devrait intervenir à l'automne.

 

Attention, travaux

 

Il ne faut toutefois pas croire que tout soit idyllique en matière de RFID. Un bon nombre de freins demeurent, parmi lesquels, on notera :

 

Des performances limitées.

 

Recommandée pour sa meilleure distance de lecture, l'UHF ne permet pas de généraliser la lecture en masse des cartons sur palette.

 

Un manque de standards.

 

L'UHF est plus efficace dans les conditions d'utilisation de la réglementation européenne Etsi. Mais celle-ci n'est pas applicable en France.

 

Une offre restreinte.

 

 L'absence de grands projets de déploiement, comme aux États-Unis ou en Allemagne, ne favorise pas le développement du marché en France.

 



 

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