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Publié par Michel Rousseau

Contrairement à ce que certains gourous nous avaient promis, 2006 n’a pas été l’année de la RFID. Toutefois, s'il faut en croire la récente étude publiée par Chainlink Resarch inc., ce fut l’année où bon nombre de fabricants petits et grands ont dépassé le stade de la simple compliance aux diktats des grands de la distribution pour s’intéresser de près à cette technologie afin de plutôt optimiser leurs processus métier.
Ce rapport, baptisé « RFID for Manufacturers: How Manufacturers are Improving Processes by Using RFID » a passé au crible les réponses de 275 manufacturiers en examinant plus particulièrement les différences de retour sur investissement entre ceux qui se sont contentés de faire de la RFID pour faire plaisir à Wal-Mart et ceux qui l’ont adopté afin d’améliorer sensiblement leurs processus logistiques, leur réception de marchandises, la distribution, les services et la maintenance, la gestion de parc, etc.
Sur les 275 répondants, les deux tiers avouent avoir déjà implanté ou être en train d’implanter la RFID. Ces entreprises déclarent vouloir investir en 2007 deux fois plus d’argent dans la RFID qu’en 2005, comme le souligne Bill McBeath, le responsable de cette enquête. En 2005, à l'occasion d’une enquête similaire, les entreprises interrogées avaient déclaré avoir engagé en moyenne 600 000 $ en matière de matériels, logiciels et services RFID. Ce chiffre est passé à 850 000 $ en 2006 et devrait atteindre les 13 millions $ en 2007.
La principale raison invoquée pour ne pas implanter la RFID est toujours et encore la même : malgré la baisse du prix des tags et des lecteurs, la dépense RFID est encore trop élevée et s’avère difficilement justifiable.
Ce qui est plutôt paradoxal, puisque les personnes interrogées sur leurs idées de services rendus par la RFID en invoquent généralement une bonne cinquantaine, mais se restreignent à 4 ou 5 lors de tout déploiement.
Curieusement, ce sont les petites entreprises (moins de 5 millions $ de C.A.) ou les très grandes (plus de 1 milliard de C.A.) qui implantent vraiment des solutions RFID. Dans ce cadre, les exigences de la distribution semblent influencer notoirement les PME/PMI mais à part égale avec les bénéfices tirés de la RFID au niveau de l’amélioration des performances globales. D'ailleurs, ce sont les entreprises réalisant un C.A. inférieur à 25 millions $ qui sont les plus sensibles à l’amélioration des processus liés à l’usage de la RFID et aussi les plus enthousiastes.
Sur les 8 catégories d’amélioration de processus étudiées, les expéditions (53,8 %), la logistique et la distribution (47,7 %) sont les domaines les plus souvent cités en matière de déploiement RFID. La réception des marchandises et matériaux (38,3 %) et la gestion de l'entrepôt (34,4 %) viennent ensuite.
ChainLink n’a pas segmenté par industrie ces résultats. Toutefois, McBeath avoue que sont les industries automobiles et pharmaceutiques qui sont celles déployant le plus activement la RFID pour améliorer leurs processus métier. L’agroalimentaire est un autre secteur particulièrement fertile, souligne-t-il. C'est ainsi qu’un sucrier tagge ses camions à leur entrée dans son usine tant pour tracer les volumes que pour assurer un suivi qualité.
« Nous n’aurions jamais imaginé qu’une application aussi sophistiquée se rencontrerait ailleurs que dans l’industrie High Tech. Pourtant, la plupart des applications intéressantes sont hors ce secteur, vérifiant ainsi l’adage du cordonnier le plus mal chaussé. Ainsi de ce brasseur qui utilise des tags actifs pour optimiser le processus de séchage de l’orge (via un réseau mesh), les données étant utilisées pour contrôler la température de chaque cuve lors de la fermentation, un processus vital pour assurer la qualité de la bière ainsi produite ».
Le mauvais score 2006 de la RFID tient aussi au fait que les industriels attendent trop de la RFID et trop vite et qu’il conviendrait de réfléchir en termes d’étapes, comme cela a été le cas pour le code-barres ou les CD.
Par ailleurs, il faut distinguer entre les applications de compliance liées au standard EPC Gen2 des innombrables applications utilisées pour engendrer des améliorations (en règle générale en boucle fermée et n’ayant pas forcément besoin d’utiliser des tags EPC). A noter que ces applications boucle fermée coûtent bien moins cher puisque les tags y sont souvent réutilisés.
C'est pourquoi, plutôt que de parler d’année de la RFID, McBeath préfère parler de décennie RFID. Car selon lui, il faudra encore attendre jusqu'en 2010 avant de voir une pénétration significative de cette technologie dans les entreprises, ceci parce que celles-ci ont encore besoin de mieux comprendre ce qu’elle peut leur apporter et quelles sont ses limites sur le plan technologique. Comme il le fait remarquer : « Les départements IT sont habitués aux serveurs et aux PC. Quand on commence à leur parler radio-fréquences, interférences électromagnétiques, ils ouvrent de grands yeux et avouent leur relative ignorance sur de tels sujets. D'autant plus que les experts dans ces domaines sont plus que rares ».
Comme le dirait un chef d’état d’Outre-Manche : « Education, Education and Education »

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