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Publié par Michel Rousseau

RFID 2006 a fermé ses portes hier soir... et enregistré un nombre record de visiteurs. Avec plus de 1200 entrées pour une édition réalisée dans la capitale du Nord, cet événement témoigne de la vigueur du marché RFID (au sens large, la NFC s'étant également taillé une place conséquente au sein de la manifestation). A se promener dans les allées, à écouter les commentaires à la sortie des conférences, on pouvait établir un triple constat :

- en premier lieu, le retard français, si caractéristique des nouvelles technologies lorsqu'elle débarque dans l'Hexagone, s'il n'est pas encore comblé, a tout de même de bonnes chances de l'être rapidement parce d'une part le nombre d'entreprises dépassant le stade de l'interrogation pour s'atteler à un vrai projet est en constante augmentation (près des 3 cinquièmes), et de l'autre par le message fort délivré par divers organismes (des pôles de compétitivité, lesquels se sont lourdement impliqués dans la manifestation, à la Commission Européenne dont 5 guidelines sur 7 sont consacrées à la RFID dans le cadre de l'initiative i-2010) qui met la RFID au coeur du commerce du futur ;

- en second lieu, ce n'était en aucun cas la technique qui était mise en avant dans les conversations que nous avons pu avoir avec les visiteurs. Ce sont les usages de la RFID dont tout un chacun parle, des usages qui se veulent avant tout utiles, allégeant la pénibilité du travail, améliorant les soins préventifs, accélérant les flux de marchandises, établissant des espaces de confiance dans les magasins pour faire évoluer les métiers (à ce propos, Arnaud Mulliez, président du pôle de compétitivité des industries du commerce et par ailleurs patron d'Auchan, rappelait à juste titre que l'introduction du code barres et des scanners laser aux caisses n'avait pas détruit de l'emploi - la grande crainte soulevée en matière de RFID - mais au contraire permis de non seulement maintenir le parc de caissières, mais aussi et surtout avait permis de faire évoluer leur métier vers une meilleure relation client). Un exemple flagrant était d'ailleurs donné avec le pilote mis en place par Carrefour au niveau du suivi des jeux vidéo et desDVD  vidéo. produits dont l'obsolescence est extrêmement rapide, ceux-ci nécessitent un inventaire constant pour notamment gérer les mises en rayon et les retours aux éditeurs. Or, comme le soulignait le responsable du rayon : " Passer de 7 heures de vérification à 2 heures, cela me permet de dégager 5 heures pour faire quelque chose d'utile, à savoir mieux conseiller mes clients ".

- en troisième lieu, la RFID est désormais considérée comme une solution qui doit être proposée de bout en bout, i.e. de l'entrepôt jusqu'à l'habitat du client final. Ce qui explique une nécessaire complémentarité entre la RFID (quelle soit HF ou UHF, mais là n'est pas le débat) et la NFC (RFID HF utilisant le protocole NFC développé par Philips et désormais reconnu comme standard pour les applications de paiement sans fil). Les expériences menées notamment par LaSer avec le concours d'Orange à Caen, où l'on voit une centaine d'utilisateurs payer leurs achats avec leur téléphone mobile et utiliser le parking Vinci de la patrie de Corneille toujours avec leur mobile se multiplient. Nous signalions dernièrement l'accord passé entre les trois principaux opérateurs mobiles et plusieurs banques françaises pour permettre de retirer de l'argent aux distributeurs automatiques via le téléphone mobile. Ce n'est qu'un des multiples exemples d'une époque qui veut, à l'instar du lean manufacturing, se détacher du superflu pour aller à l'essentiel.

Pour conclure ce premier article sur ce salon, mentionnons encore une expérience menée par un troisième groupe de distribution qui peaufine actuellement un concept de magasin sans caisse, sansvigile, mais avec des conseillers dédiés à la clientèle. Le principe de base est simple, il suffit d'être doté d'une puce RFID pour choisir librement ses produits (pour le moment fleurs, fruits et légumes, accessoires de jardin), les entasser dans son caddy, les reposer et les débiter de sa note. Une fois les courses faites, on quitte les lieux sans passer à la moindre caisse. Finies les files d'attente interminables, finie aussi les pertes engendrées par les denrées périssables abandonnées au petit bonheur par des clients impatients. Reposant sur le concept de la confiance, cette expérimentation, qui démontre que la démarque inconnue ne progresse nullement dans une pareille structure, devrait si elle s'avère probante (ce qui semble bien être le cas) se déployer à terme sur plusieurs milliers de magasin.

A suivre...

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