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Publié par Michel Rousseau

  La contrefaçon représente aujourd’hui presque 10 % du marché mondial de médicaments. Selon l’OMS, ce taux atteindrait entre 25 % et 50 % dans les pays en développement. Aux États-Unis, le Centre for Medicines in the Public Interest a évalué que le montant global dégagé par ce commerce illicite atteindra 75 milliards de dollars en 2010, 90 % de plus qu’en 2005. Les effets des médicaments contrefaits sont dévastateurs, soit parce qu’ils ne soignent pas, soit parce qu’ils entraînent des effets secondaires mortifères. Par exemple, en 1995, au Niger, lors de l’épidémie de méningite, 50 000 personnes ont reçu un vaccin frelaté qui a fait 2 500 morts.
Outre le fait que les chaînes de distribution n’atteignent pas les villes éloignées des grandes capitales, le manque de contrôles qualités des médicaments importés est le principal responsable de ce genre de catastrophe dans les pays pauvres. La traçabilité des lots est aussi difficile à établir que celle de la drogue, les produits étant souvent réexportés de pays en pays. Quant à l'Europe, c’est Internet, qui est, de loin, le principal pourvoyeur.
Pour Interpol, dont l’un des départements s’occupe activement de la lutte contre les laboratoires clandestins, la production de médicaments contrefaits ne nécessite pas d’importantes infrastructures. La majorité des installations découvertes sont situées dans des maisons individuelles, des appartements ou des arrière-cours. Les affaires sont lucratives, car les coûts de production sont très bas et la demande élevée, d’autant que certains clients achètent en toute connaissance de cause. Leurs motivations ? Le prix élevé du médicament ou du traitement recherché, ou les produits particuliers comme le Viagra. Les différences de prix selon les pays encouragent également la mise en place de commerces parallèles et sont même susceptibles de créer des occasions d’introduire dans la chaîne de fabrication à l’intérieur des usines des produits contrefaits, notamment au moment du conditionnement.
Au colloque de Genève, de nouveaux moyens technologiques de lutte contre la contrefaçon ont été évoqués. Ils vont des essais colorimétriques effectués sur les comprimés au sortir des usines, pour en vérifier les composants, aux hologrammes, encres colorées ou invisibles à l’œil nu, permettant d’identifier la provenance des emballages à l’intérieur des boîtes, en passant par la RFID. Bref, un vaste marché est ici à investir, marché qui n'attend en fait que le standard EPCglobal Gen2 HF pour réellement décoller (en effet, l'UHF semble poser des problèmes de modification des molécules thérapeutiques). Reste toutefois le problème de l'équipement des pays en voie de développement, lesquels ne peuvent certainement pas se permettre l'acquisition d'un lecteur RF pour chaque officine. On attend donc de la part des acteurs de la RFID une action concertée qui serait saluée par l'OMS. A bon entendeur...
 

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