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Publié par Michel Rousseau

Aéroports de Paris a déployé un service permettant d’optimiser le flux des taxis sur les terminaux 1 et 3 de l’Aéroport de Paris-Charles de Gaulle. Développé avec Steria et supporté par l’infrastructure d’Aéroports de Paris-Telecom, il représente un réel succès pour l’entreprise.
En moyenne, 30% des taxis parisiens, sur un total de 15 200 véhicules, se trouvent à chaque instant sur la plate-forme de l’Aéroport de Paris-Charles de Gaulle. Il en découle plusieurs inconvénients pour les usagers, pour les taxis et pour Aéroports de Paris : les clients attendent plus d’un quart d’heure un taxi, un taxi attend un client durant plus de 200 minutes et les espaces occupés par les taxis sont rares et chers à proximité des trottoirs d’attente et des entrées dans les terminaux.
Sur le plan logistique, la solution consiste à mettre en place une zone de stockage des taxis dans un grand parking à moins de deux kilomètres des terminaux ainsi qu’une zone tampon à proximité du point de prise en charge des clients.

Par ailleurs, les taxis sont équipés de badges RFID de type télépéage, permettant la détection automatique des véhicules aux entrées et sorties des points de stationnement et des zones de prise en charge. Une application comptabilise le nombre de taxis dans les différentes zones et affiche le temps d’attente sur des panneaux électroniques destinés aux chauffeurs, les incitant ainsi à passer de la zone de stockage à la zone tampon en fonction de l’arrivée de clients, voire à retourner vers Paris lorsque l’attente est trop longue.

Les apports du projet Machine To Machine
Les apports du projet Machine To Machine pour Aéroports de Paris sont indéniables :

  • une meilleure gestion de l’espace à proximité des terminaux, permettant d’autres exploitations plus rentables de ces zones ;
  • une plus grande satisfaction des chauffeurs de taxis qui disposent maintenant de sanitaires, d’un restaurant et d’un bar ainsi que d’une salle de repos sur l’aire de stockage ;
  • une réduction du temps d’attente moyen d’un taxi à moins de 90 minutes ;
  • une réduction des temps d’attente des clients à moins de 2 minutes en moyenne.

Par ailleurs, en cas de temps d’attente de plus de 100 minutes, les taxis sont incités à retourner vers Paris, ce qui augmente leur nombre dans la capitale. De plus, la fraude a été réduite, les taxis non parisiens arrivant à l’aéroport étant contraints de repartir immédiatement, n’ayant pas de badge adéquat.

Enfin, grâce à ce système, Aéroports de Paris est en mesure d’obtenir des statistiques précises sur les temps d’attente, ce qui lui permet de constituer un système de pilotage de l’activité des taxis de l’aéroport.

Les points d’attention et les conditions de succès
La multitude d’acteurs et de technologies requise pour ce projet, a poussé Aéroports de Paris à travailler avec un intégrateur, Steria, ayant principalement pour rôle de coordonner les équipementiers, les fournisseurs de systèmes de transmission et la mise au point du logiciel.
Afin de réussir l’appropriation de la solution par les chauffeurs de taxis, aéroports de Paris a mis en place une politique de communication et d’accompagnement du changement. Les représentants de la profession ont été associés aux différentes étapes du projet. Selon une étude récente, 70% des chauffeurs de taxis sont satisfaits de la solution mise en place.

Le caractère innovant du projet a conduit Aéroports de Paris et Steria à adopter une démarche de mise en œuvre itérative, construite sur des cycles de test et de prototypage courts, nécessaires pour assurer la fiabilité de la solution et pour affiner les spécifications fonctionnelles (règles de suivi des taxis, calcul des estimations de temps de trajet entre les différentes zones, etc).

Pour Aéroports de Paris, la rentabilité du projet repose sur le développement des parts de marché de l’Aéroport de Paris-Charles de Gaulle du fait de la meilleure satisfaction des passagers et sur l’exploitation plus rentable des zones proches des terminaux.

Forts de cette expérience, Aéroports de Paris et Steria envisagent de construire une offre afin d’équiper d’autres entreprises comme les gares SNCF ou d’autres aéroports dans le monde.

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