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Publié par Michel Rousseau

Il semblerait que l’administration Bush veuille prochainement se doter d’un système de traçabilité du bétail qui lui permettrait notamment de dépister rapidement les cas de vache folle aux USA (dans les 48 heures). Les fermes et les animaux se verraient ainsi doter d’un numéro d’identification unique, les propriétaires ayant à charge de documenter les mouvements de bétail. Le système devrait être pleinement opérationnel à horizon 2009, sur un cheptel de plus de 100 millions de têtes. Le tout en RFID. Et c’est où peut-être le bât blesse s’il faut en croire certains. En effet, le problème des tags passifs c’est que s’ils conviennent parfaitement pour des caisses ou des palettes, lorsqu’ils sont appliqués au bétail on s’aperçoit que ce dernier est bien plus mobile qu’un item de la supply chain. Beaucoup désormais pensent que la réponse passe obligatoirement par l’utilisation de tags actifs, les seuls à permettre une identification à près de 100 mètres de l’animal et aussi à pouvoir s’accommoder des différents environnements dans lesquels passe le cheptel. Pour John Hassel, lequel vient de fonder ZigBeef : « les tags passifs risquent d’être le Betamax de cette industrie, tout du moins dans l’agroalimentaire ». Curieusement, il n’est pas le seul à penser ainsi. Certains producteurs de viande ont, tel l’abattoir de Carthage, vu leur compétitivité commerciale connaître certains ralentissement après usage des tags passifs sur les animaux. Ceci simplement parce qu’il est impossible de mettre les animaux d’abattage en une jolie file rangée à porter des lecteurs RFID. Qui plus est, il suffit qu’une vache ait perdu pendant le trajet son étiquette fixée généralement à l’oreille pour que le comptage soit dans la panade. Bref, à chaque fois il faut immobiliser l’animal pour lui cloner l’étiquette, ce qui prend au minimum 30 secondes, mais ce qui ajoute une dose considérable de stress aux conditions de travail en abattoir. Tout se jouera en fait sur le coût global de possession de la technologie. Un tag passif pour le bétail coûte environ 2 $ contre 10 $ pour une étiquette active. Ceci explique peut-être aussi pourquoi la RFID ne fait tant recette que cela auprès des éleveurs. Un récent sondage démontre en effet qu’il n’y a guère plus de 5 % d’entre eux qui aient recours à la RFID. D’où l’idée pour faire baisser les coûts de recourir à des technologies voisines, dont ZigBee. D’autres espèces, en revanche, ne seront certainement pas taggées. C’est le cas notamment des porcs (60 millions) qui demeurent en cheptels parfaitement identifiés. Idem pour les poulets, puisqu’à eux seuls, ils sont plus de 9 milliards. Toutefois, avec les risques de grippe aviaire, c’est peut-être de là que partira le marché de la RFID pour l’élevage. D’autres facteurs, purement géo-économiques, viendront sans doute à la rescousse de la RFID. C’est ainsi que Digital Angel Corp, a vendu à elle seule 6 millions de tags RFID passifs en Amérique du Nord, suite aux pertes financières de quelque 3 milliards de dollars dues à la mévente du bœuf américain au Japon et sur d’autres marchés asiatiques qui se sont fermés aux importations américaines suite aux cas de vache folle de début 2003. Les officiels américains parient donc sur un système automatisé garantissant la santé des carcasses et leur traçabilité pour convaincre ces marchés de se rouvrir. Plutôt que de dire adieu veau, vache, couvée, il semblerait bien que le secteur devra innover et évoluer rapidement.

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