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Publié par Michel Rousseau

L’une des premières applications de la RFID fut le suivi du bétail.

Et ce segment de marché est toujours aussi actif. En témoigne l’initiative prise à Portland (Oregon) dès 1986 pour assurer le suivi des couloirs de migration empruntés par les saumons dans la rivière Columbia , laquelle compte pas moins de 400 retenues d’eau sur son parcours et d’innombrables affluents.

La RFID est ici utilisée afin d’étudier le pourquoi du déclin de la population salmonidée dans le Nord-Ouest du Pacifique.

 

Le saumon joue en effet un rôle majeur dans l’économie de la région. Or , 14 sous-espèces de ce poisson sont considérées comme en sursis. La RFID joue donc un rôle non seulement zoogéographique mais aussi économique, pour ne pas dire politique (il s’agit aussi de calmer les écologistes en leur fournissant une information impartiale sur les stocks de salmonidés venant frayer dans cette rivière). Le projet, lequel a pour l’heure coûté quelque 600 millions de dollars, a été lancé en partenariat avec une SSII du cru : Digital Angel. Le développement de l’étiquette (laquelle était relativement conséquente à l’origine pour finalement atteindre la taille d’un grain de riz) a été entièrement subventionné par cette l’agence gouvernementale.

Près de deux millions de saumons ont ainsi été taggés chaque année. La puce RFID passive recueille 64 bits d’information lorsqu’activée par les capteurs devant lesquels nage la bête. Le système de tracking offre quelque 16 milliards de combinaisons, ce qui fait que chaque étiquette se comporte comme un identifiant unique possédant sa propre fréquence. Ceci permet aux biologistes de disposer d’informations extrêmement détaillées : sous-espèce concernée, âge du poisson, affluent parcouru, habitat d’origine, condition physique, etc. Toutes ces données sont ensuite stockées et traitées sur un système informatique ayant la puissance d’un Cray.

La lecture est extrêmement rapide. C’est ainsi que dernièrement des antennes de 16x16 pieds ont été développées afin de pouvoir comptabiliser les jeunes saumons passant par des chutes d’eau à quelque 90 km/heure.

En repérant les zones dangereuses pour les poissons, le système a ainsi permis de réduire la mortalité de 15 à 20 %.

Effet induit, l’utilisation des étiquettes RFID a également permis de comprendre comment le développement de la faune des rivages affectait la survie de l’espèce et notamment afin de savoir ce qui arrive au saumon une fois en mer. C’est ainsi que deux îlots peuplés de sternes de la Caspienne mélangent avec bonheur guano et RFID.

 

 

 

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